Que faire à Rabat, capitale du Maroc ?

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  • Mis à jour le : 10 juin 2026
  • Par Laurie Arnauné

Rabat, prochaine étape de votre itinéraire dans le nord marocain ? Peu de voyageurs y songent tant Fès et Tanger lui font de l'ombre. Pourtant, la capitale du Maroc, secrète et discrète, n’a rien à envier à ses consœurs impériales. Elle a même beaucoup à offrir : une ambiance paisible et rêveuse, un patrimoine millénaire, un climat doux presque toute l'année… De quoi placer votre séjour au Maroc sous le signe de l’authenticité.

Pourquoi choisir Rabat pour un week-end ?

Rabat séduit par son patrimoine culturel pluriel. Royale et impériale, elle porte les traces des Romains, des Mérinides, des Andalous, des Arabes et du protectorat français. Cette richesse lui a valu d’être inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 2012. Ce qui a séduit le jury ? Son authenticité architecturale, marquée par une fusion harmonieuse d'éléments historiques et contemporains.

Autre atout : Rabat peut se targuer d'être la seule ville impériale du Maroc à être construite au bord de l’Atlantique. Ici, on peut passer d’une visite historique à une séance de surf en quelques minutes. La mer, omniprésente, apporte une douceur de vivre incomparable.

Enfin, la capitale du Maroc est une ville paisible et verdoyante, où le stress et les klaxons semblent avoir été bannis. Avec un triptyque mer, soleil et ciel bleu qui répond présent huit mois dans l'année, Rabat possède un climat idyllique. Côté températures, le thermomètre ne se hasarde jamais en dessous de 6 °C et rarement au-dessus de 30 °C. Idéal pour qui aime la chaleur sans excès.

Explorer l’histoire, des Romains aux sultans mérinides

Pour comprendre Rabat, il faut commencer par son cœur historique. Les idées ne manquent pas tant le patrimoine de la ville est riche.

La Tour Hassan et le mausolée Mohammed V : les monuments à voir

Pour commencer, direction l'esplanade monumentale de la Tour Hassan, dont les 200 colonnes se prêtent volontiers à des parties de cache-cache. Celles-ci sont les vestiges d’une salle hypostyle détruite par le tremblement de terre de Lisbonne en 1755. Il suffit de lever les yeux pour admirer le minaret inachevé de la Tour, véritable icône de la cité construite sur l’ordre de Yacoub el Mansour au XIIe siècle.

Composition de trois photos illustrant la Tour Hassan et le mausolée Mohammed V. En haut à gauche, le mausolée Mohammed V. En haut à droite, un homme observe la vie depuis un banc de l'esplanade de la Tour Hassan. En bas, une vue d'ensemble des (presque) 200 colonnes et de la Tour Hassan.
© mitzo_bs/stock.adobe - © F.C.G/stock.adobe - © mitzo_bs/stock adobe

Juste en face, on s'offre un cours d'histoire marocaine accéléré au mausolée Mohammed V. Dans son décor tout de zelliges et de plâtres sculptés repose notamment le père de la souveraineté nationale, dans une ambiance d'une grande solennité.

Le Chellah : la visite la plus envoûtante de Rabat

À quelques pas des immenses remparts almohades, le Chellah est sans doute le site le plus romantique de ce séjour au Maroc. Difficile d'imaginer à première vue qu'il est installé sur les vestiges de la ville romaine de Sala Colonia. Si les fouilles ont révélé les restes d’un decumanus maximus (voie principale), d’un forum, d’un arc de triomphe, d’une fontaine monumentale et de thermes, il faut néanmoins faire preuve d’imagination pour tenter de reconstituer le puzzle historique.

Composition de trois photos illustrant le Chellah. Des anciennes voies romaines en haut, aux remparts crénelés restaurés et aux jardins luxuriants en bas.
Chellah © Georges Jabbour - © KajzrPhotography/stock adobe - © Cegalerba-Szwemberg/hemis

Transformé en nécropole mérinide par le sultan Abou Youssef Yacoub, il abritait une mosquée, une salle d’ablution, une zaouïa, un minaret et plusieurs pierres tombales toujours visibles de nos jours. Le sultan impérial y repose auprès de son épouse Chems el Doha, dite Lalla Chellah. C'est cette esclave chrétienne convertie à l’Islam qui a donné son nom à la nécropole de Chellah.

La nécropole a aussi souffert du tremblement de terre de Lisbonne en 1755. Mais cela ne l'a pas empêchée de se relever. Fréquenté par les voyageurs, les flâneurs et les écoles locales, le site prête son décor à des événements musicaux et culturels d’envergure, à l’instar du festival Jazz au Chellah.

Les remparts crénelés restaurés, les jardins luxuriants, les cigognes volubiles et les colonies de chats donnent au lieu une atmosphère mystique. À la tombée du jour, les silhouettes des oiseaux se découpent sur la vallée du Bou Regreg : un spectacle inoubliable.

Le Chellah, paradis des chats et des cigognes à Rabat

Si les sultans d’antan ont abandonné le site, les cigognes du Maroc, elles, lui vouent une fidélité absolue. À la tombée du jour, les majestueux volatiles au plumage blanc et aux rémiges noires font redoubler d'intensité les concertos en bec majeurs, et confèrent au crépuscule sur le Chellah une aura mystique et éternelle. En journée, place aux colonies de chats qui veillent indolemment sur les vestiges de l’histoire. La nécropole leur offre un avant-goût du paradis.

Flâner dans les quartiers : vieille ville, kasbah et ville nouvelle

Chaque quartier de la capitale du Maroc possède sa propre atmosphère et nous invite à embarquer pour un voyage sensoriel et mémoriel.

La kasbah des Oudayas

Véritable ville dans la ville, la kasbah des Oudayas domine majestueusement la Grande Bleue avec ses ruelles et ses maisons bleues et blanches aux airs de Cyclades. On y entre comme dans un décor de cinéma : murs chaulés, portes en bois, chats assoupis, lumière éclatante. Le jardin andalou, parfumé de jasmin et d’orangers, ramène en Andalousie, étape de son circuit en train. La visite de la kasbah se termine au café Maure, un thé à la menthe à la main et l'océan s'étendant à l'horizon.

Composition de deux photos illustrant les rues bleues et blanches de la kasbah des Oudayas.
© Pierre Jacques/hemis - © Sylvain Sonnet/hemis

La médina et la ville nouvelle

Autre possibilité : se perdre dans la médina de Rabat, de la rue Souika au souk d’Es Sebat en passant par la rue des Consuls et le Mellah qui abritait l’ancien quartier juif. Comme dans chaque médina, on prend plaisir à découvrir une boutique, un souvenir à mettre dans sa valise ou un artisan à chaque coin de rue.

Composition de trois photos illustrant la médina de Rabat. À gauche, un plan serré d'un homme. Au milieu, une ruelle colorée. À droite, une femme choisi ses légumes aux abords d'une échoppe.
© Arié Botbol/Réa - © Hicham Zineddine/Unsplash - © Jenny Wagner/Unsplash

Les amateurs d'Art déco, eux, s'échappent dans l'ancienne ville nouvelle. Œuvres de l'urbaniste Henri Prost, la gare de Rabat-Ville, le cinéma Royal… un après-midi ne suffit pas pour tous les admirer.

Vivre Rabat côté océan : en famille à la plage

Rabat est aussi une destination idéale pour un séjour balnéaire. Sur la jetée en contrebas de la kasbah des Oudayas, vous pourrez humer l’air du petit matin auréolé par le fracas des vagues de l’Atlantique. Pour profiter du calme du fleuve Bou Regreg, tentez donc d'amadouer un barcassier pour naviguer à bord de son authentique flouka (barque traditionnelle). Enfin, si la chaleur se fait sentir, mettez le cap sur les plages de temara, de Rabat ou de Salé qui égrainent la côte. Preuve qu'à Rabat, le farniente est à portée de main.