Little Havana, le quartier cubain de Miami

  • 7 min
  • Mis à jour le : 29 octobre 2026
  • Par Jean-Marie Douau

Little Havana est un quartier de Miami se déployant autour de la 8e rue, « Calle Ocho », et qu’encadrent à l’est Downtown Miami et au nord le fleuve Miami River. Au côté de Miami Beach et Wynwood, c’est l’une des quartiers les plus appréciés de Miami, tant par ses habitants que par ses visiteurs. Ici les couleurs primaires contrastent avec le gris acier des gratte-ciel de Downtown, l’espagnol est plus parlé que l’anglais et la salsa est reine. Une journée suffit généralement pour profiter de Little Havana, comme le raconte Jean-Marie, un passionné des États-Unis, pays qu’il a sillonné à maintes reprises.

10 h

Cafecito y croquetas à la Versailles Bakery

Miami est la première étape de mon autotour en Floride et j’ai choisi d’y passer trois jours pour récupérer de mon trajet, avant de rejoindre les Keys. Pour commencer la journée, je m’attable à la Versailles Bakery. Déclinaison plus accessible du célèbre restaurant cubain Versailles, c’est le lieu à ne pas manquer pour un petit déjeuner à la cubaine.

Les habitués s’y retrouvent pour savourer l’or noir de Little Havana : son café. Sous forme d’expresso (espresso cubano) ou enrichi de lait concentré sucré (cortadito con evaporada), il accompagne empanadas, croquetas et autres pastelitos – ne manquez pas le flan dulce de leche, l’un des meilleurs de Miami.

Les origines de Little Havana

Considéré comme la deuxième ville cubaine après La Havane, le quartier de Little Havana s’est développé à l’ouest de Downtown au début des années 1960. Après la révolution de 1959, les nationalisations et expropriations imposées par le régime castriste poussent les Cubains à quitter leur île. Près de 400 000 d’entre eux rejoignent alors la Floride, et la grande majorité s’installe autour de la 8e rue à Miami. Little Havana est née et la 8e rue prend alors le nom de Calle Ocho.

Tout est savoureux, y compris les conversations alentour, délicieux mélange de considérations météorologiques (spoiler : la journée sera radieuse) et d’analyses politiques inspirées par la lecture des journaux à disposition : El Nuevo Herald, le quotidien floridien et Granma, le quotidien du parti communiste cubain.

12 h

Calle Ocho, street art et Walk of Fame

En ce mois de décembre, le soleil brille et le thermomètre affiche déjà 23 °C, une météo idéale pour partir en Floride et plus particulièrement découvrir Little Havana à pied. Je commence par son artère principale Calle Ocho, dont la portion la plus animée court sur environ 2,5 kilomètres entre les 12e et 27e rues.

Une fois n’est pas coutume, je commence par baisser la tête. Sur le trottoir en effet, se déploie le Paseo de las Estrellas, plus connu sous le nom de Walk of Fame. Comme son homologue à Hollywood, le Walk of Fame de Little Havana aligne des étoiles en pierre rose incrustées dans le sol. Chacune rend hommage à une célébrité issue de la diversité latino-américaine.

La chanteuse Celia Cruz est la première à être honorée en 1987. Depuis, une vingtaine d’artistes a décroché son étoile et le Walk of Fame s’étend désormais entre les 13e et 17e rues. N’étant pas très porté musiques latines, j’identifie hélas peu d’artistes mais pour les connaisseurs, je prends quand même la peine de relever quelques noms : Gloria Estefan and Miami Sound Machine, Ednita, Willy Chirino…

M comme…

L’étoile d’Armando et Manolita Montes est ornée de deux arches arrondies formant le M d’une enseigne bien connue des amateurs de burger. Un clin d’œil à l’initial de leur patronyme ? Un rappel de leur amour des frites ? Pas tout à fait. Les Montes ont tout simplement été les premiers à ouvrir un restaurant de l’enseigne dans le quartier de Little Havana.

Calle Ocho ne se résume pas à ses trottoirs. De part et d’autre s’alignent petits bars, boutiques, ateliers… dont la couleur vive des façades et les notes de salsa s’échappant des fenêtres contribuent à entretenir l’impression d’être à Cuba. La Calle Ocho est aussi un véritable musée à ciel ouvert où admirer quelques superbes réalisations. Parmi ces dernières les coqs sculptés par Tony Lopez sont mitraillés par les touristes. Je leur ai préféré le mural de l’artiste Miss Lushy, portrait de Celia Cruz aussi vibrant que coloré.

14 h

Dominos et baseball dans les parcs de Little Havana

Les dominos sont à l’île de Cuba ce que le football est à l’Argentine : une religion. Et à Little Havana comme sur l’île crocodile, les parties de dominos sont un temps fort de la vie locale. Pour m’en rendre compte, direction le parc Máximo Gómez, surnommé à raison « Domino Park ».

Des joueurs chevronnés de tous âges, parfois un cigare coincé au coin des lèvres, s’affrontent à coup de tuiles et de remarques en espagnol, dont je doute qu’elles soient toujours courtoises. Autour, les spectateurs suivent le match avec une attention soutenue et partagent avec leur champion du jour son indignation ou son exaltation.

La foule est nombreuse, d’autant qu’aux supporters des premières heures, se joignent des groupes de touristes de plus en plus étoffés. Pour retrouver un peu de calme, je décide donc d’explorer les parcs et jardins voisins.

C’est une autre passion cubaine qui guide mon choix : celle du baseball cette fois. La saison officielle de la MLB (Major League Baseball) s’achevant en octobre, il ne me sera malheureusement pas possible d’assister à un match des Miami Marlins au LoanDepot Park. Mais les matchs amateurs qui se disputent au parc Jose Marti sont tout aussi haletants.

Le parc Jose Marti disposent en outre d’une piscine, qui ravit les enfants passant leurs vacances en famille en Floride. Idem pour le glacier Azucar, chez qui je m’arrête pour une pause fraîcheur bien méritée. Chaque parfum est un hommage à l’île tant par son nom que par son parfum : café con leche ; domino (crème et miettes de cookie) ; guarapiña (ananas et sucre de canne)… et mon préféré, burn in hell fidel (chocolat et piment de cayenne).

18 h

Guayabera et frita cubana au coucher du soleil

Le ciel se colore de douces lumières crépusculaires. Il n’est pas rare à cette heure de rejoindre d’autres quartiers de Miami, notamment Miami Beach, pour siroter un verre en admirant le coucher du soleil. Je n’y manquerais pas demain, mais pour l’heure, ce sont les boutiques de Little Havana qui me font de l’œil.

Direction la Havana Collection. Ouvert en 1972, ce magasin est une véritable caverne d’Ali Baba pour les amateurs de mode cubaine. Chapeaux de paille aux galons noirs et mocassins rétro me plongent dans l’esthétique du Buena Vista Social Club. Mais les stars de la boutiques, ce sont les guayaberas, les chemises en lin emblématiques de Cuba. Une belle idée de souvenirs à rapporter de son voyage en Floride.

L’agenda festif de Little Havana

  • Le Calle Ocho Music Festival (14 mars 2027) est l’un des événements phares ponctuant la semaine du carnaval à Miami. Au programme : musique, danse mais aussi street food.
  • Les Viernes Culturales ou « vendredis culturels » se tiennent Calle Ocho chaque dernier vendredi du mois depuis 2000 et permettent aux artistes et artisans d’exposer dans la rue.

Les bras chargés de cadeaux, je rejoins l’ouest de la Calle Ocho pour tester une adresse que m’a recommandée mon Welcome Host. Rey de las Fritas a été ouvert en 1979 par un couple d’exilés cubains, Victoriano et Angelina. Désormais tenu par leurs enfants, le restaurant est toujours spécialisé dans la frita cubana, un hamburger relevé d’une sauce épicée, dont la recette est tenue jalousement secrète. J’opte pour la version originale, que je trouve parfaite.

Rey de la Fritas est un restaurant de type diner, proposant une cuisine simple mais généreuse. Frites, fritures et batidos (les milkshakes cubains) constituent l’essentiel du menu. On ne vient pas pour une expérience culinaire sophistiquée mais pour un moment de « Cuban way of life ». Si vous préférez quelque chose de plus classique, je vous recommande plutôt le restaurant de poissons la Camaronera ou le Old’s Havana, une valeur sûre.

20 h

Une soirée au rythme de la salsa

Son rythme entraînant porté par les congas, la basse et le piano m’ont accompagné durant toute cette journée à Little Havana. C’est donc tout naturellement que la salsa me guide vers le dernier lieu visité : Ball & Chain. Pas de secret d’initié pour cette adresse figurant dans tous les guides de voyage mais un rêve : passer une soirée dans un lieu jadis fréquenté par Billie Holiday et Count Basie (une pensée pour ma professeure de musique de 5e qui m’a permis de les découvrir).

Le Ball & Chain est un vénérable établissement né en 1935 et qui n’a cessé depuis d’enflammer les nuits de Little Havana. Si vous cherchez le calme, passez votre chemin. Même en semaine orchestres de jazz et leçons de salsa rythment la soirée. On vient au Ball & Chain pour danser mais le lieu est également réputé pour ses cocktails, au premier rang desquels le Miami Mule (vodka, ginger beer et jus de citron vert).

Il est trop tard pour passer par La Trova, autre établissement réputé pour ses soirées salsa et les mojitos du mixologue Julio Cabrera. Mais nul doute que ma découverte de la Floride me réserve encore de belles surprises.

Mes bonnes adresses à Little Havana

Versailles Bakery : 3501 SW 8th St, Miami, FL 33135 | Tél. : (305) 441-2500

Parc Máximo Gómez (Domino Park) : 1444 SW 8th St, Miami, FL 33135

Parc Jose Marti : 362 SW 4th St, Miami, FL 33130

Azucar : 1503 SW 8th St, Miami, FL 33135 | Tél. : (305) 381 0369

The Havana Collection : 1421 SW 8th St, Miami, FL 33135

El Rey de las Fritas : 1821 SW 8th St, Miami, FL 33135 || Tél. : (305) 644 6054

La Camaronera : 1952 W. Flagler St, Miami, FL 33135 || Tél. : (305) 642 3322

Old’s Havana : 1442 SW 8th St, Miami, FL 33135

Ball & Chain : 1513 SW 8th St, Miami FL 33135 || Tél. : (305) 643 7820

La Trova : 971 SW 8th St, Miami FL 33130

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.