Balade dans les rues de Stone Town
Ancienne capitale du sultanat d'Oman et capitale de l'archipel de Zanzibar, Stone Town est le point de départ de la majorité des voyages sur « l'île aux épices ». On n'y fait souvent que passer, pressé de rejoindre les plages ourlant la côte Est d'Unguja. Pourtant l'histoire et le patrimoine de Stone Town, pétrie de culture swahilie, méritent que l'on s'y attarde, et sa vie locale fait que l'on s'y attache. Trois jours et deux nuits ne seront pas de trop pour découvrir toutes les richesses de Stone Town, dont voici un échantillon.
Admirer les anciens palais de Stone Town
Faire une halte dans les jardins Forodhani
Photographier les portes de Zanzibar
Visiter l’ancien marché aux esclaves
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Admirer les anciens palais de Stone Town
Notre balade à Stown Town débute autour de la baie. Plusieurs bâtisses blanches, larges, aux façades agrémentées de balcons en bois et surmontées de terrasses sont accolées les unes aux autres. Ce sont les anciennes habitations des sultans qui se succédèrent.

La plus somptueuse d’entre eux, le Beit-al-Ajaib, également connue sous le nom de « maison des Merveilles » a été construite par le sultan Barghash en 1883. Premier bâtiment de l’île de Zanzibar à être équipé de l’électricité, elle était alors l’une des demeures les plus somptueuses d’Afrique de l’Est. Devenue musée dédié à la culture swahilie, la maison des Merveilles s’est effondrée en 2020. Et en attendant sa restauration, elle reste hélas fermée au public.

D’autres palais restent heureusement ouverts à la visite. Citons notamment la Kholle House, édifiée en 1860 pour la princesse Kholle, fille du sultan de Zanzibar. Convertie en hôtel au début des années 2010, elle est surmontée d’un toit-terrasse où savourer un thé accompagné de spécialités de Zanzibar, le tout avec une vue imprenable sur Stone Town.
Avec un guide local, il est possible aussi de s’aventurer dans ce qui fut autrefois la demeure de la princesse Salmé : le palais Bet Il Mtoni, construit entre 1828 et 1834. Il en reste peu de choses mais suffisamment pour se projeter dans la vie des sultans au XIXe siècle.
Mémoire d’une princesse arabe Parus en anglais dès 1888 les Mémoires d’une princesse arabe font partie des ouvrages indispensables à lire avant de partir à Zanzibar. L’autrice n’est autre que la fille du sultan Saïd, la princesse Salmé (1844-1924). Dans ses Mémoires, elle restitue les disputes et les intrigues divisant sa famille, qui joua un rôle de premier plan dans l’histoire locale jusqu’à la mise en place du protectorat britannique en 1890. Un témoignage précieux sur la vie à Zanzibar au XIXe siècle. |
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Faire une halte dans les jardins Forodhani
Après avoir jeté un œil à ces différents palais et au vieux fort omanais où se déroule chaque année en février-mars le festival de musiques africaines Sauti Za Busara, vous pouvez vous diriger vers un large square pourvu d’un kiosque au milieu, les jardins Forodhani.

Ils ont été aménagés en 1936 pour le jubilé d’argent du sultan Khalifa et entièrement rénovés en 2010. Aujourd’hui, les jardins Forodhani sont un lieu de rendez-vous animé, parfaits pour une petite pose. Ils abritent notamment un marché alimentaire nocturne (food court) où dénicher le nécessaire pour un pique-nique : chawarma ; brochettes ; jus de canne à sucre…Vous pouvez aussi prendre place au Zenji Garden Cafe, situé sur le front de mer des jardins Forodhani, pour siroter un jus de fruit fraîchement pressé en admirant le coucher du soleil sur l’océan Indien.
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Photographier les portes de Zanzibar
Pour découvrir l'histoire et le patrimoine de Stone Town, prenez le temps de vous perdre dans le dédale des rues tortueuses abritant échoppes et vastes habitations, en commençant par Kenyatta Road, la rue la plus importante. Des fragments de corail ont été utilisés pour la construction de tous ces édifices, les coquillages remplis de sable faisant office de ciment. Souvent, leur façade arbore un balcon en bois à encorbellement, attestant de l’influence indienne.
Mais ce qui frappe surtout dans les rues de Stone Town, ce sont les portes sculptées, d’une incroyable richesse ornementale. Les toutes premières ont fait leur apparition à l'époque du sultan omanais Barghash (1870-1880). Chacune témoigne de l’identité de son propriétaire et de sa position sociale et / ou religieuse. Deux styles, indien et arabe, se côtoient et s’influencent.

Les portes de style indien sont ornées de goujons (piques) en cuivre. S’ils ont aujourd’hui une fonction purement décoratives, ils visaient autrefois à se protéger contre les éléphants de guerre. Au-dessus du linteau, se déploie un panneau de forme semi-circulaire, sculpté de motifs floraux.
Les portes de style arabe sont rectangulaires et ornées d’inscriptions coraniques et de motifs géométriques, la religion musulmane interdisant la représentation d'êtres vivants. Seule exception : les demeures de certains riches marchands, autorisés à faire figurer des poissons stylisés.
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Arpenter les marchés

Les marchés de Stone Town, parmi lesquels le marché portugais (XVe siècle) et le marché arabe (XVIe siècle) situés à proximité de l'église anglicane, sont des lieux de vie sociale : on y discute, on y échange des idées. Y déambule une foule bigarrée : femmes élégantes revêtues d’abayas constellées de fausses pierres brillantes ou de kanga de couleurs vives ; marchands et cuisiniers ; habitants et touristes… Le commerce et la cuisine se pratiquent dans la rue : au sol, des femmes, jambes allongées, font cuire du pain indien en galette sur des petits feux.

Le marché Darajani est l'un des lieux emblématiques de Stone Town. Sagement empaquetées dans des sachets, les épices – cannelle, cardamome, safran, curcuma, clous de girofle… – dégagent d’appétissants effluves. Leur camaïeu ocre répond aux couleurs vitaminées des stands de fruits et les harangues des marchands aux caquètements des volailles. Idéal pour savourer une dernière fois l'ambiance unique de Stone Town.
FAQ Zanzibar
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Visiter l’ancien marché aux esclaves
Unguja, île principale de Zanzibar abritant Stone Town, connut son apogée aux XVIIIe et XIXe siècles, bâtissant sa prospérité sur le commerce des épices et… la traite des esclaves. Cette période sombre de l’histoire de la Tanzanie se revit au pied de la cathédrale anglicane Christ Church, édifiée en 1879 sur les ruines du marché aux esclaves, quelques années après l’abolition de l’esclavage à Zanzibar.
La visite de ce haut lieu de l'histoire et du patrimoine de Stone Town peut se faire sans guide, grâce aux panneaux informatifs, mais elle est déconseillée aux personnes sensibles. Elle commence en effet par la visite des cachots souterrains, sombres et exigus, d’où l’on ressort bouleversé. À l’extérieur, le poignant mémorial Slavmonument de l’artiste suédoise Clara Sörnas, figure cinq statues de pierre liées entre elles par des chaînes.
Mes bonnes adresses à Stone Town
Kholle House : 607/608, Zanzibar | Tél. : 255 772 161 033 | salon de thé ouvert de 13 h à 18 h | prix : 15 USD par personne (boisson chaude et pâtisseries locales)
palais Bet Il Mtoni : Malawi Road
jardins Forodhani : derrière le vieux Fort situé Mizingani Road
Zenji Garden Cafe : R5QQ+VG7, Mizingani Road | prix d'un expresso : 3000 TSZ (environ 1 EUR)
ancien marché aux esclaves : R5PV+J2V, Tharia Street | Tél. : 255 654 674 353 | prix non communiqués
marché Darajani : Darajani Street