L’ascension de la montagne d’Or de Bangkok

  • 5 min
  • Mis à jour le : 27 octobre 2026
  • Par Jérôme Cartegini

À Bangkok, la circulation et le brouhaha continu de la ville finissent parfois par donner envie de retrouver un peu de calme. C'est précisément ce qui me pousse à prendre la direction du Wat Saket, dont le chedi doré domine le quartier historique depuis le sommet de la « montagne d'Or ». Une ascension paisible, récompensée par l'un des plus beaux panoramas sur Bangkok. Mais lorsque vient le festival de la montagne d’Or, qui se tient cette année du 17 au 29 novembre (en 2026, n.d.l.e), la quiétude des lieux laisse place à une ambiance festive.

Rejoindre la montagne d’Or au fil de l’eau

Comme souvent lors d’un voyage itinérant en Thaïlande, le trajet fait déjà partie de l'expérience. Depuis les quartiers modernes de Bangkok, je choisis d'emprunter le bateau-taxi qui navigue sur le khlong Saen Saep. Contrairement aux embarcations qui circulent sur la Chao Phraya, celui-ci se faufile dans un canal plus étroit.

Le bateau file entre passerelles, petits immeubles et maisons colorées. À chaque arrêt, les passagers montent et descendent avec une efficacité bien rodée. Mieux vaut rester attentif : les escales sont brèves et les embarcations souvent bondées aux heures de pointe.

Quelques minutes plus tard, je débarque à Phan Fa Lilat Bridge. L'embarcadère se trouve à cinq minutes à pied du temple. Le contraste avec les grands axes de Bangkok est immédiat. Bordées d'arbres, de temples et d'immeubles bas aux rez-de-chaussée occupés par de petits commerces, les rues invitent à ralentir le pas. La curiosité me pousse à quitter Boripat Road pour me perdre dans les ruelles voisines. Ici, un vendeur de rue prépare un pad thaï ; là, des habitants discutent à l'ombre d'une devanture. Un Bangkok plus tranquille se dévoile peu à peu, loin des centres commerciaux et des embouteillages.

L’ascension de la montagne d’Or au rythme des cloches

Une fois arrivée au pied de la montagne, palmiers, bonsaïs, petits autels et statues donnent le ton. Le vacarme de Bangkok semble déjà loin.

L'escalier rouge s'élève doucement au milieu des arbres, des fougères et des fleurs tropicales. Au début de l’ascension, je longe un bassin peuplé de carpes ainsi qu'une série d'animaux en bronze représentant les signes du zodiaque thaïlandais et bouddhique. Statuettes de cheval, singe, cochon ou dragon accompagnent les visiteurs vers le sommet.

La montée se poursuit sans difficulté. Plus loin, une plateforme accueille un imposant gong ainsi qu'une rangée de cloches que les fidèles font résonner à leur passage. Leur tintement accompagne la fin de l'ascension et renforce l'atmosphère sereine des lieux.

Une vue imprenable sur Bangkok

Une fois arrivé en haut, la récompense est de taille. Juste avant d’entrer dans le temple Wat Saket, je prends le temps d’admirer la vue sur Bangkok et de prendre quelques photos.

D'un côté s'étendent les quartiers historiques de Rattanakosin avec leurs temples aux toits vernissés et leurs flèches dorées. Lorsque le ciel est dégagé, il est même possible d'apercevoir le Grand Palais ou le Wat Suthat. Plus loin, les tours de bureaux, les hôtels et les immeubles résidentiels se hissent en toile de fond.

Avant d'entrer dans le temple, je retire mes chaussures comme le veut la tradition. À l’intérieur, un couloir circulaire dessert plusieurs petites salles où des statues de Bouddha reçoivent des offrandes généreuses, croulant sous les colliers de fleurs. Des fidèles viennent s'y recueillir en silence. Certains s'attardent quelques instants, d'autres poursuivent leur chemin autour du sanctuaire.

Une histoire mouvementée

La construction du temple Wat Saket remonte à l'époque d'Ayutthaya (1351-1767), mais connaît plusieurs revers. Après s'être effondré en raison de l'instabilité du sol gorgé d'eau, le site est rebâti au XIXe siècle sur ordre du roi Rama IV, qui fait ériger le grand chedi doré visible aujourd'hui. Quelques décennies plus tard, Rama V y fait déposer une relique de Bouddha venue d'Inde, offerte par le gouvernement britannique. Des remparts de béton sont ensuite ajoutés durant la Seconde Guerre mondiale afin de stabiliser la colline et prévenir tout nouveau glissement de terrain.

Quand la montagne d'Or entre en fête

Quelques jours plus tard, me voilà de retour non pour profiter de la quiétude des lieux mais pour participer au joyeux festival de la montagne d’Or. L’évènement se déroule chaque année en novembre pendant une dizaine de jours (l’édition de 2026 se tient du 17 au 29 novembre).

C’est autour de Loy Krathong — célébré le jour de la pleine lune du douzième mois du calendrier lunaire thaïlandais — que la montagne d'Or change de visage. Elle devient un espace de célébration, où traditions religieuses et festivités populaires s’entremêlent.

Qu’est-ce que Loy Krathong ?

Considérée comme la fête des lumières, Loy Krathong est l’un des évènements les plus importants du calendrier thaïlandais. À la nuit tombée, les habitants déposent sur les rivières, les canaux et les étangs de petits radeaux décorés de fleurs, de bougies et de bâtonnets d'encens. Ce geste symbolique permet de remercier les esprits de l'eau et de se délester des difficultés rencontrées lors de l'année écoulée.

Les festivités débutent par une procession au cours de laquelle une longue étoffe rouge est portée jusqu'au sommet puis enroulée autour du chedi. À la tombée de la nuit, les guirlandes lumineuses scintillent dans les arbres et le long des rochers.

Au pied de la montagne, les allées se remplissent de stands de street-food, de jeux d'adresse et autres attractions. Les odeurs de brochettes grillées se mêlent à celles des encens, tandis que les visiteurs déambulent entre les étals et les illuminations. Cet évènement est une belle occasion de découvrir Bangkok sous un autre jour lors d’un séjour en Thaïlande.

Le Temple de la montagne d’Or en pratique

Adresse : 344 Thanon Chakkraphatdi Phong, Ban Bat, Pom Prap Sattru Phai, Bangkok 10100.

Horaires : tous les jours, de 7 h à 19 h. 

Tenue vestimentaire : épaules et genoux couverts.

Tarif pour les visiteurs étrangers : 100 baths, à régler en espèces.